De l’autre côté du miroir : 2015-2016

« Mais alors, dit Alice, si le monde n’a absolument aucun sens, qui nous empêche d’en inventer un ? » Lewis Carol

Le projet pédagogique 2015-2016 s’intitule « de l’autre côté du miroir, quand la danse abolit les frontières ».

alice-miroirLa danse de l’autre côté du miroir

Dans la suite d’Alice aux pays des merveilles, Lewis Carol nous décrit un univers étrange, à la fois séduisant et inquiétant. Quand Alice passe de l’autre côté du miroir, elle se retrouve dans un monde qui ne fait pas de sens, où il faut courir pour rester sur place, ou pour atteindre son objectif, il faut d’abord s’en éloigner. Et pourtant, tous les codes du monde « normal » sont présents, tous sont reconnaissables. L’univers de l’autre côté du miroir est similaire au notre, mais déformé, la vie paraît plus intense, frénétique, en perpétuelle évolution.

La danse contemporaine transforme de la même manière les codes connus. Elle abolit les frontières, entre les styles de danse, entre le passé et le présent, entre les cultures du monde dans un perpétuel aller-retour, entre une danse dite populaire ou au contraire élitiste, et, enfin, entre les arts. En détruisant ces obstacles, elle permet aux individus de se rapprocher.

Le projet pédagogique « de l’autre côté du miroir »

« La danse contemporaine, c’est bizarre » peut-on entendre très souvent dans la bouche des jeunes que nous rencontrons. Nous revendiquons cette étrangeté, source de créativité et de questionnements. Nous passons plusieurs séances à essayer de définir la danse contemporaine, pour montrer que sa grande liberté l’empêche au contraire d’être enfermée dans un cadre précis. Ce projet vise à faire découvrir aux élèves cet objet artistique fascinant, inquiétant et pourtant à la portée de tous : pour danser, il suffit d’avoir un corps. Nous travaillons ainsi sur les représentations des enfants pour mieux les déconstruire. Nous voulons les amener sciemment à être dépaysés et à s’ouvrir à une culture souvent méconnue. Nous voulons les transporter dans cet univers « de l’autre côté du miroir », où les règles ne sont pas les mêmes et l’exploration infinie.

Nous aborderons au cours des séances les manières différentes dont la danse contemporaine abolit les frontières :

– entre les cultures du monde, avec notamment un focus sur la création africaine, qui sera présente dans la programmation du 21° Festival de Marseille.

– entre le passé et le présent, par le biais de l’émergence des danses urbaines dans le monde. Semblant en rupture avec les danses traditionnelles des pays dont elles sont issues, elles s’inscrivent au contraire dans une évolution historique.

– entre les arts, en s’attachant en particulier aux relations entre la danse et la musique, la danse et les arts visuels, notamment depuis l’ère numérique.

Ce projet est bien sûr l’occasion de faire découvrir à des enfants et des adolescents, chacun à son niveau, une culture chorégraphique et artistique. Mais il permet également d’ouvrir son regard et son horizon en s’intéressant à d’autre cultures et d’autres époques. À travers l’étude de chorégraphes engagés, qui parlent de réalités sociales via leur art, nous abordons bien sûr les valeurs de la République sous l’angle de l’humanisme : respect de soi et des autres, égalité des hommes et des femmes, des peuples entre eux, libertés de pensée et d’expression.