New York : chez Bill T. Jones

Une matinée à NY live arts avec Bill T. Jones, les danseurs Janet et Eric et les adolescents de l’association Bridges, pont entre les cultures.

Nous avons commencé par explorer des techniques de danse contact, qui permettent aux partenaires « d’être égaux dans la danse et d’expérimenter avec des corps différents » selon les mots de Bill T. Jones. Les notions de poids, d’équilibre, de confiance en l’autre sont abordées. Il faut s’abandonner aux réactions de son partenaire et accepter de se livrer à l’autre sans regarder.

S’ensuit un moment de discussion pendant lequel les adolescents posent leurs questions : « ça veut dire quoi pour vous être un artiste, que ressentez-vous lorsque vous montez sur scène, est-ce que vous défendez une cause, est-ce qu’une mère est une artiste ? »

Bill répond avec sincérité, parfois en les bousculant, en retournant la question. « Êtes-vous des artistes ? » leur demande t-il à plusieurs reprises. Il parle de rapports avec la société, de remettre en question ses certitudes. La religion, qui en apporte, est-elle compatible avec l’art ? Il ne donne pas de réponses à cette interrogation qu’il livre, brute, aux jeunes. Parfois, dit-il, il faut « fight the power », parfois accepter la société.

On connaît la Bill T. Jones and Arnie Zane dance company pour ses combats en faveur de toutes les minorités, qu’elles soient raciales ou sexuelles. On s’attend à voir Bill aborder ces notions, il répond qu’il lutte pour « la beauté et la générosité ».

Les adolescents et l’enseignante Ouided Riahi ont appelé le projet « I’m black and proud » en référence à la chanson de James Brown. Pendant un an, ils se sont penchés sur l’identité afro-américaine pour aboutir à une réflexion sur leur propre individualité. Bill évoque l’histoire des afro-américains et des inégalités qui persistent aujourd’hui, ce dont les adolescents ont déjà largement débattus en classe.

« Les USA sont un pays de fantasme. La réalité est loin de celui-ci. New York est une ville est dure, parfois cruelle, mais c’est aussi un lieu où l’on peut créer, où l’on peut atteindre une forme de vérité en tant qu’artiste. Nombreux ceux qui ont essayé, nombreux ceux qui ont échoué. Mais je pense que c’est peut-être cette vérité que vous êtes venus chercher jusqu’à New York. Je vous le demande une dernière fois : êtes-vous des artistes ? ».

Cette phrase conclue la rencontre.

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