La séance de cinéma : Cabin in the sky

Vendredi 16 mai à 14h à la Bibliothèque de L’Alcazar aura lieu la troisième séance de cinéma du cycle « Dance is a weapon ». Les écoles Hozier, Estaque Plage et Le Rouet assisteront à la projection. Ce film de Vincente Minelli, datant de 1943, comporte l’un des premiers castings « all black » de l’histoire du cinéma hollywoodien.

Le synopsis :

‘Little Joe’ Jackson, un joueur incorrigible, promet à son épouse, la pieuse et vertueuse Petunia, de renoncer au jeu. A la première occasion, il trahit sa promesse et se rend dans un club où, à la suite d’une bagarre, il est mortellement blessé. Mais les Anges et les Démons sont dans l’embarras : Joe appartient-il au ciel ou à l’Enfer ? Un sursis lui est accordé pour faire ses preuves. Bien sûr, le diable va tout faire pour écarter Little Joe du droit chemin, en lui promettant notamment de l’argent et en poussant dans ses bras la belle chanteuse Georgia Brown. Que va choisir Little Joe ? L’amour de Pétunia sera t-il plus fort que tout ?

Cabininthesky[2] - copieLe contexte du film :

Le film était à l’origine un musical produit pour Broadway en 1940. Dans cette mise en scène signée par Balanchine pour la chorégraphie, était déjà présente une grande partie du casting du film, notamment la célèbre Ethel Waters (Pétunia). Georgia Brown était à l’origine interprétée par la chorégraphe Katherine Dunham, connue pour son travail sur les danses antillaises et africaines et ses engagements en faveur des droits civiques. Au vu du succès rencontré à Broadway, Hollywood et la Metro Goldwyn Mayer réalisent une version cinématographique en 1943. L’histoire et les musiques sont reprises avec quelques changements d’interprètes et l’apparition des musiciens Louis Armstrong (l’un des démons) et de Duke Ellington (le chef d’orchestre du Jim Henry’s Paradise).

Avec Cabin in the sky, Vincente Minelli, célèbre réalisateur américain connu notamment pour ses comédies musicales, signe son premier film. On y retrouve déjà un amour certain pour le milieu du spectacle, un travail sur le cadre et la fluidité de la caméra et un attachement profond à ses personnages.

Un film sur la culture afro-américaine :

Cabin in the sky est l’un des premiers films hollywoodiens à comporter un casting entièrement afro-américain. Cela constituait un risque pour la production, dans la mesure où nombre de cinémas, notamment dans le sud des USA, refusaient de programmer des films où ceux-ci occupaient des rôles importants. Vincente Minelli, réalisateur blanc, a travaillé en amont du film avec de grands représentants de la communauté afro-américaine pour tenter d’être le plus proche possible de la psychologie de ses personnages et éviter le racisme et les stéréotypes en vigueur à l’époque. Cabin in the sky fut à l’époque reconnu pour la façon digne et réaliste dont les afro-américains étaient montrés.

cabininthesky3La religion chrétienne tient dans la communauté une place très importante et reste donc extrêmement présente tout au long du film. Le combat entre le ciel et l’enfer est au cœur de l’intrigue même. Les scènes où les deux forces en faction sont en présence sont traitées de manière comique : nous n’avons que peu de doutes sur l’issue morale du film. La première chanson est un très beau gospel, (gospel signifiant « évangile », du vieil anglais godspell, c’est-à-dire « appel de Dieu »).

A la musique religieuse répond dans le film la culture jazz, présente sous plusieurs formes. Genre musical né à La Nouvelle-Orléans aux États-Unis au début du XXe siècle, issu du croisement du blues, du ragtime et de la musique européenne, le jazz est une forme musicale afro-américaine. Le film comporte beaucoup de chansons, notamment d’amour, mais aussi des scènes de danse : tap-dancing (claquettes) et Lindy hop endiablé.

Cabin in the sky, film étonnamment méconnu, demeure pourtant une œuvre importante. Première création d’un réalisateur majeur de la seconde moitié du XX° siècle, l’un des premiers films avec un casting entièrement afro-américain, il rassemble des artistes célèbres de la création américaine : Ethel Waters, Duke Ellington, Bubbles…

Dossier pédagogique disponible sur demande auprès du Festival de Marseille : education@festivaldemarseille.com

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