La danse et ses préjugés

Avec chaque classe, nous commençons par nous poser cette question : qu’est-ce que la danse ? A quoi sert-elle ? A qui est-elle destinée / réservée ? Bref, comment définir cet art, ce sport, cet objet étrange qui peut prendre mille facettes ? Autant de questions auxquelles les enfants et adolescents répondent de manière variée.

 Pour beaucoup, la danse est une « affaire de filles ». Un homme viril ne peut pas danser. Une petite plongée dans l’Antiquité nous dit exactement le contraire : les garçons apprennent à danser pour devenir de bons guerriers, car cela leur enseigne la maîtrise de leur corps.

 Pour d’autres, la danse est ennuyeuse, elle est toujours identique. Que dire lorsque l’on voyage autour du monde, du classique européen au bharata natyam indien, du tango argentin au hip hop né aux USA ?

 « C’est nul et c’est fatiguant », « c’est nul et c’est bizarre » : la danse fait peur. Les mouvements surprennent, il est difficile de se projeter dans d’autres styles que ceux que l’on voient à la télévision, dans les clips. On juge aussi la danse par rapport à son niveau de difficulté. « Facile, je peux le faire » disent certains adolescents en voyant des vidéos de danse contemporaine, alors même qu’il s’agit d’une chorégraphie extrêmement précise, où un retard de quelques secondes fait s’écrouler la cohérence de l’ensemble. L’art est-il un sport, une performance physique ? Le hip hop, en état de grâce, est admis comme tel. Mais un danseur contemporain est regardé avec beaucoup plus de méfiance, il utilise parfois des gestes du quotidien, danse « comme un fou » ou « bizarrement ». On s’amuse alors à comparer une équipe de foot et une troupe : la précision du geste, l’écoute entre les joueurs, la résistance physique, la vitesse, sont des qualités communes que l’on peut dégager.

 La danse devient aussi un moyen de « s’exprimer », de « montrer et partager des émotions avec son corps ». On danse pour les fêtes, pour les mariages, on danse pour être joyeux, pour gérer sa colère, pour s’évader…

L’aspect collectif ressort également souvent : on invente des chorégraphes avec les copines, on danse le raï avec maman à la maison, on fait la ronde à l’école.

 Que l’on aime ou pas, que l’on s’identifie ou non à une « tribu » zumba, moderne, ou hip hop, que l’on ait jamais vu un spectacle de danse ou qu’on la pratique soi-même en dehors du temps scolaire, la danse ne laisse que très peu indifférent. Tout le monde a une idée sur celle-ci, presque tous les enfants et adolescents dansent à un moment donné ou l’autre, que ce soit devant les autres ou caché seul dans sa chambre à rejouer les clips de son chanteur préféré…

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